Un bon far breton doit être fondant au centre, doré sur les bords et suffisamment dense pour se couper proprement. Je vous propose ici une recette traditionnelle aux pruneaux, avec les bonnes proportions, une méthode simple, des variantes crédibles et les erreurs qui rendent souvent la pâte sèche ou grumeleuse.
La méthode simple pour réussir ce dessert breton
- Proportions : 200 g de farine, 4 œufs et 75 cl de lait pour 6 à 8 parts.
- Pruneaux : comptez 200 à 250 g, idéalement moelleux et dénoyautés.
- Cuisson : environ 45 à 50 minutes à 180 °C, jusqu’à ce que le centre tremble légèrement.
- Texture : elle se raffermit en refroidissant, sans devenir compacte.
- Repos : dégustez-le tiède ou à température ambiante, jamais brûlant à la sortie du four.

Ce qui distingue vraiment cette spécialité bretonne
Le far est une préparation familiale à mi-chemin entre le gâteau et le flan. Sa pâte contient de la farine de blé, des œufs, du lait et du sucre, mais pas de levure. C’est cette base très simple qui lui donne une texture souple, plus épaisse qu’un flan et proche d’un clafoutis sans fruits frais.
Les pruneaux apportent une note fruitée et une texture moelleuse qui contrastent avec les bords légèrement caramélisés. La version nature existe aussi, mais je trouve que les fruits séchés donnent davantage de caractère à l’ensemble. Le rhum, souvent ajouté dans les recettes modernes, reste facultatif et n’est pas indispensable à l’équilibre du dessert.
Les bons ingrédients pour une pâte souple
| Ingrédient | Quantité | Conseil pratique |
|---|---|---|
| Farine de blé | 200 g | Type 45 ou 55, tamisée pour éviter les grumeaux |
| Sucre en poudre | 150 g | Réduisez à 120 g si les pruneaux sont très sucrés |
| Œufs | 4 | À température ambiante, pour une pâte homogène |
| Lait entier | 75 cl | Tiède, mais surtout pas bouillant |
| Pruneaux dénoyautés | 200 à 250 g | Faites-les tremper s’ils sont un peu secs |
| Beurre demi-sel | 20 g | Pour beurrer généreusement le plat |
Pour une note plus rustique, vous pouvez remplacer jusqu’à 50 g de farine de blé par de la farine de sarrasin. Le goût sera plus marqué et la pâte légèrement plus dense. Je déconseille toutefois une version composée uniquement de sarrasin pour une première réalisation, car elle demande un peu plus de maîtrise pour rester fondante.
La recette pas à pas
Préparer les pruneaux
Déposez les pruneaux dans un bol avec de l’eau tiède pendant 20 à 30 minutes. Égouttez-les soigneusement avant de les utiliser. Cette étape est particulièrement utile avec des fruits secs fermes, car elle évite qu’ils ne restent caoutchouteux après la cuisson.
Réaliser une pâte sans grumeaux
- Préchauffez le four à 180 °C, de préférence en chaleur tournante.
- Mélangez la farine, le sucre et la pincée de sel dans un grand saladier.
- Ajoutez les œufs un par un en fouettant, jusqu’à obtenir une pâte épaisse et lisse.
- Versez le lait tiède progressivement, sans cesser de mélanger.
- Ajoutez éventuellement une cuillère à soupe de rhum ou un peu de vanille.
- Beurrez largement un plat à gratin, répartissez les pruneaux au fond, puis versez la pâte.
- Enfournez pour 45 à 50 minutes.
La pâte doit ressembler à une pâte à crêpes assez fluide. Si elle paraît trop épaisse, les bords cuiront avant le centre. À l’inverse, une pâte très liquide n’est pas un problème, car elle se structure grâce aux œufs et à la farine pendant la cuisson.
Le gâteau gonfle souvent dans le four puis retombe légèrement en refroidissant. C’est normal. Je le sors lorsque la surface est bien dorée et que le milieu reste à peine tremblotant. Une lame complètement sèche annoncerait souvent une texture trop cuite.
Pruneaux, pommes ou version nature
La garniture traditionnelle reste le pruneau, mais ce dessert accepte plusieurs adaptations. L’important est de conserver une quantité raisonnable de fruits pour ne pas détremper la pâte.
| Version | Résultat | Mon conseil |
|---|---|---|
| Aux pruneaux | Moelleux, fruité et typiquement breton | Le meilleur choix pour découvrir la recette |
| Nature | Plus doux, avec une texture très crémeuse | Ajoutez de la vanille ou un peu de zeste de citron |
| Aux pommes | Plus frais et légèrement acidulé | Utilisez des pommes peu juteuses, coupées finement |
| Aux raisins secs | Plus sucré et parfumé | Faites-les gonfler avant de les incorporer |
Pour une version sans alcool, la vanille suffit largement. Le rhum peut parfumer la pâte, mais il ne doit pas masquer le goût du lait et du beurre. Avec des enfants ou des convives sensibles aux alcools, je préfère toujours le supprimer plutôt que de chercher à le remplacer par une grande quantité d’arôme.
Les erreurs qui changent complètement la texture
Verser le lait trop vite
Si vous ajoutez tout le lait d’un seul coup, la farine forme facilement des grumeaux. Incorporez-le en plusieurs fois, idéalement tiède et progressivement. Un mixeur plongeant peut rattraper une pâte irrégulière, mais il faut l’utiliser brièvement pour ne pas incorporer trop d’air.
Choisir un plat trop petit
Un plat large permet une cuisson régulière et donne un bon équilibre entre les bords dorés et le centre fondant. Dans un moule étroit et profond, le milieu peut rester liquide alors que la surface brunit déjà. Pour ces proportions, un plat d’environ 30 × 20 cm convient très bien.
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Le cuire jusqu’à ce qu’il soit parfaitement ferme
Le far continue de prendre en refroidissant. Si vous attendez que le centre soit totalement immobile, vous risquez d’obtenir une texture sèche après quelques heures. Laissez-le tiédir au moins 30 minutes avant de le découper afin que la mie se stabilise.
Comment le servir et le conserver
Ce dessert se déguste très bien tiède, mais je le préfère à température ambiante, lorsque les arômes sont plus nets et la texture plus fondante. Servez-le en parts épaisses, simplement avec un café, un thé noir ou un verre de cidre brut.
Vous pouvez le préparer la veille. Conservez-le couvert au réfrigérateur, puis sortez-le 30 minutes avant la dégustation. Il reste agréable pendant deux jours, même si les bords perdent peu à peu leur fraîcheur. Évitez de le congeler, car la texture aux œufs et au lait devient souvent granuleuse après décongélation.
Le détail qui rend le far vraiment mémorable
La réussite tient moins à un ingrédient secret qu’à trois gestes précis. Utilisez du lait entier, mélangez la pâte sans la brusquer et arrêtez la cuisson lorsque le centre tremble encore légèrement. Avec ces repères, vous obtenez un gâteau simple, généreux et profondément réconfortant, fidèle à l’esprit des desserts bretons faits pour être partagés.